Comment vaincre la résistance au changement pour faire adopter son projet ?

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Connaissez-vous le théorème du singe ?

Des chimpanzés sont rassemblés dans une pièce. Un régime de bananes est suspendu au plafond. Une échelle permet d’y accéder. Mais si un singe pose une patte sur l’échelle, une douche d’eau glacée arrose tous les chimpanzés, y compris ceux qui ne demandaient rien à personne.

Du temps se passe, et un singe est remplacé par un nouveau singe. Si ce dernier tente de gravir l’échelle, tous les autres chimpanzés l’en empêchent. Puis un nouveau singe est remplacé, et ainsi de suite jusqu’à ce que plus aucun singe n’ait personnellement vécu l’expérience de la douche glacée.

Pourtant, lorsqu’un chimpanzé tente de monter l’échelle, tous les autres continuent de lui tomber sur le paletot pour l’empêcher de monter. La douche glacée tombe en panne. Pourtant, le régime de bananes reste en sécurité car les singes ont appris qu’il ne faut pas tenter de l’atteindre, même s’ils ne savent pas pourquoi.

C’est cela, le théorème du singe : un comportement appris et transmis de génération de salariés en génération de salariés, qui fait qu’un état de faits inefficace se perpétue par simple inertie. La situation ne pourra changer que si un Che Guevara du salariat choisit de remettre en cause l’ordre établi.

Difficile à croire ? Et pourtant, nous râlons tous à chaque imprévu qui nous empêche de poursuivre notre chemin tout tracé de fourmi arboricole : une déviation sur le chemin du travail, une nouvelle version de notre suite bureautique alors que l’ancienne fonctionnait très bien, la nouvelle prise d’un chargeur de smartphone… Bref, nous sommes des primates, et les primates n’aiment pas le changement.

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Mais en tant que manager, chef de projet ou directeur de projet, vous devez aller vent debout contre ce caractère humain. Comment faire ?

Débloquer les résistances en 5 étapes

1) Associez les acteurs du changement au projet

Trop souvent, les projets sont imposés à des personnes qui ne s’y attendaient pas. Un changement d’ERP est géré au sommet de la direction financière, et les comptables ne le découvrent que le jour où on leur demande d’effectuer des doubles saisies pour contrôler que l’ancien et le nouveau système sont rigoureusement équivalents. Communiquez auprès des comptables, et ce, dès le début du projet !

2) Donnez un pouvoir de peser sur les décisions

Une personne qui reçoit une communication est passive : elle perçoit l’information, mais en retire peu de substance. Pour avoir un effet d’entraînement, vous devez associer les acteurs de façon active : demandez-leur un avis, proposez-leur des options, etc. Dans le cas de nos comptables, écoutez leurs revendications sur l’enchaînement des écrans par exemple : si une opération courante peut être faite en 2 clics au lieu de 12, tout le monde est gagnant !

3) Montrez l’objectif de l’organisation

Si vous ne donnez aucun contexte au projet que vous gérez, vous serez vu comme l’affreux empêcheur de tourner en rond qui impose sa douche glacée alors que l’ancienne marchait très bien ! Montrez que votre projet s’inscrit dans une démarche de mutation de l’entreprise : le nouvel ERP est nécessaire pour intégrer les derniers changements réglementaires, ou alors il permet d’économiser sur le coût des licences pour être plus compétitif, ou encore il permet de mieux maîtriser ses approvisionnements. Bref, ce projet a un sens : montrez-le !

4) Montrez l’avantage pour les utilisateurs

Proposez de dévisser le couvercle d’un pot très dur à ouvrir. Vous n’obtiendrez pas beaucoup d’aide. Maintenant, proposez du chocolat. Mais pour l’obtenir, il faut d’abord dévisser le couvercle d’un pot très dur à ouvrir. Vous obtiendrez beaucoup plus d’aide. Montrez aux acteurs du projet que son aboutissement est aussi dans leur intérêt. Par exemple, il y aura moins de reports à effectuer d’un écran à l’autre de l’ERP. Mais pour cela, il faut d’abord accepter de se former à la nouvelle ergonomie du système !

5) Connaissez sincèrement les personnes

Et surtout, au cours de vos interactions avec les acteurs de votre projet, prenez un moment pour vous intéresser sincèrement à eux. Découvrez leur vie, échangez sur le football ou le cinéma, apprenez à les connaître. Pourquoi ? Car nous, primates, sommes des individus sociaux. En créant des liens, vous créez de l’intérêt pour vous et de l’entrain pour votre projet.

 

Ensemble, ces différentes méthodes vont vous permettre de transformer l’inertie qui ralentit votre projet en moteur pour l’accélérer. Cessez de considérer vos utilisateurs comme des chimpanzés. Montrez-leur la voie, et toute l’entreprise bénéficiera du régime de bananes.

Mon livre : https://www.editions-eni.fr/livre/gerez-vos-projets-les-cles-pour-reussir-etape-par-etape-9782409012389